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Huiles sur toile, 110x110 cm, Ajaccio, 2015-16.

 

Le Quartier des Étrangers

C e travail de peinture intitulé : Le Quartier des Étrangers vient à la suite et en complément d’un travail photographique sur le paysage urbain et ses mutations entamé précédemment qui concerne plusieurs quartiers d’Ajaccio.

Ces peintures, dix tableaux de format carré de dimensions 110x110 cm exécutés à l’huile, ont été réalisées à partir de photos prises avec un iphone, publiées sur Instagram et que l’on peut encore voir aujourd’hui sur mon compte @max.ristori en remontant jusqu’à la période où elles ont été postées (à partir de février 2014).

L’origine photographique des images est affirmée et assumée. Le format carré a été choisi parce que c’était, au moment où ce travail a été réalisé, le format de publication d’Instagram. Il rappelle aussi directement le format 6x6 en vogue dans les années 1950-60 et évoque également les instantanés réalisés dans les décennies suivantes avec les appareils Polaroid. Ce procédé donnait aux images, elles aussi au format la plupart du temps carré, une couleur particulière et unique dont l’application Instagram cherche à faire renaître la nostalgie en mettant à la disposition des utilisateurs des filtres colorés, j’ai moi-même appliqué certains de ces filtres en post-production dans ce travail pour influer notamment sur la saturation des couleurs et le contraste.

Ces photos ont fait l’objet d’agrandissements sur toiles à la peinture à l’huile, non pas pour réaliser des images de style hyperréaliste mais plutôt pour essayer d’en donner une interprétation en conservant le cadrage et la structure des photos.

L’intention de ce travail est en grande partie d’expérimenter les interactions entre la démarche photographique et la démarche picturale, l’une se nourrissant de l’autre.

L’image instantanée, fragment de réel, saisie de manière rapide et instinctive au travers de l’appareil photo numérique est donc utilisée d’une façon décalée comme une sorte de substitut pour tenter de réinventer et de reconstruire en atelier, dans le travail long de la peinture, l’impression et l’émotion ressentie au moment de la prise de vue.

Sur le fond, le sujet qui sert de socle à cette expérimentation m’a permis de poursuivre mon travail d’étude du paysage urbain. Alors que dans mes précédentes recherches, je m’étais surtout intéressé à la périphérie d'Ajaccio, aux limites de la ville. Dans ce travail je me suis focalisé sur le cœur d’un quartier particulier.

Il s’agit d’un quartier qui a constitué la première extension de la ville vers l’ouest, d’abord investi par de riches visiteurs anglo-saxons qui en ont fait un lieu de séjour en y laissant leur empreinte d’où le nom qui lui a été donné : Le Quartier des Étrangers.

Ce vaste secteur entre mer et maquis a été au début plutôt boudé par les Ajacciens hormis quelques notables qui y ont construit de belles demeures. Il était cependant très apprécié par les peintres locaux ainsi que par les artistes de passage, le plus connu étant Henri Matisse qui y séjourna quelques mois en 1898.

Après une période d’abandon, un nouveau développement plus ou moins ordonné l’a complètement transformé à partir des années 1950-1960.

C’est cette mutation que j’ai tenté d’approcher dans ces images.


Ajaccio, février 2016