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Photographies numériques, Canon 5D Mark II., Ajaccio, 2010.

Limites

Une ligne, un horizon... Une ligne d’horizon... Un horizon sur ou en bout de ligne...

Le regard s’échappe le long de cette limite, véritable épreuve pour le corps qui tente de s’engager dans ce pan d’espace qui s’ouvre à lui. Ouvrant l’horizon dans sa verticalité ou son horizontalité, cette limite linéaire épouse le paysage dans un mouvement allant au-delà des formes esthétiques de sa représentation et renvoie le corps à l’expérience de sa finitude physique.

La représentation linéaire de la notion de limite apparaît dans ces photos sans emphase ni parure. Le corps franchit ici les limites de sa corporéité lorsqu’il épouse les formes d’une réalité épurée où le bruit du paysage s’évanoui et laisse l’intuition du silence envahir l’image.

Non sans rapport avec les traces de Richard Long, la ligne en ses limites se fait voyage immobile. Entre empreintes singulières dans le paysages et détails formels répétés, ce voyage immobile restitue toute la poésie de ces lieux où s’égrènent les histoires sacrées d’êtres oubliés.

La poésie silencieuse de ces espaces dé-limités par l’objectif nous ouvre la porte d’un univers où l’imagination se fait forte de son infinie puissance évocatrice de cette chair du monde dans l’épaisseur de laquelle elle se confond en des formes multiples et sans limites. »



Texte de Marie-Françoise Collard-Buresi, 2010.